Voilà, ça s’est passé comme ça. Ou presque.
Je me suis réveillé et, comme de bien entendu, j’ai voulu me gratter les couilles. Se gratter les couilles, ça détend. Il n’y a qu’un homme qui peut comprendre ça.
J’ai voulu donc.
Sans pouvoir.
Et pour cause, j’en avais plus.
Je me suis cru en rêve au début. « Réveilles toi bon dieu, réveilles toi ! »
Mais j’étais bien réveillé.
Alors je me suis dit que c’est une ex que j’avais du plaquer un peu vivement, qui m’avait coupé les attributs, par vengeance, cette nuit. Entrée par effraction. Un couteau, un cutter, un bistouri ou je ne sais quoi, et hop.
C’est tout simplement pas crédible.
Alors je me lève d’un bon, en oubliant que je dors sur une mezzanine. Constat : une chemise de nuit ne fait pas parachute. C’est le genou gauche qui prend.
Je boite jusqu’à la salle de bain.
Et me voilà.
De pied.
Il n’y a pas à tortiller, je suis bien une gonzesse.
Pas de barbe, les cheveux mi-longs, un peu gras, en touffe.
Non. C’est pas possible.
Je laisse tomber la chemise de nuit.
Frrrt, le pilou-pilou sur les chevilles.
Bon dieu que je suis moche.
Je suis moi en femme.
A savoir de haut en bas :
- gueule d’épuisée, cernée. Ajoute à sa une peau trop fine et lâche de pré-ménopausée.
- le cou : des plis, des plis, des plis et un goitre naissant
- les seins. Non de dieu quelle horreur. Deux poches, non, deux douilles à pâtisserie vide au deux tiers, qui me pendouillent sur un ventre qui semble vouloir étonnamment ressembler à mon cul. Deux grosses joues, qui surplombent. Oh bon dieu. Qui surplombent une touffe phénoménale. Une touffe équatoriale, végétation inextricable et luxuriante. Je ne l’ai pas taillée depuis combien de temps celle-là.
- sans doute pas depuis que je me suis épilé les jambes. Car j’ai la patte austro-hongroise par temps de grand frais. Sincèrement, je ne pensais pas qu’une gonzesse pouvait être aussi poilue.
Merde !
Qu’est-ce que je suis moche !
La même gueule, en femme, je le porte très mal !
Puis c’est un éclair qui se faufile dans la colonne.
Suis-je une quadra célibataire ?
Je cours dans la chambre.
Je grimpe sur la mezzanine.
Je tête le matelas dans le noir.
Rien.
Je me suis foutu la trouille pour rien.
Rien que l’idée qu’un poilu obèse puisse me lancer une « salut chérie » dans le noir me fait suer au sauna.
Rien que l’idée d’avoir pu cette nuit…
Non, c’est trop.
« Salut chérie ! »
Le cauchemar continue.
Ça vient d’en bas.
La bête a du se lever pendant que je me foutais à poil dans la salle de bain.
D’ailleurs, je suis à poil.
Ce qui le vaut une tape sur le cul de la part de.. de quoi ?
D’un type, la soixantaine, double foyers, le bide aussi rond et lisse qu’un fut de heineken, le crâne aussi pelé que luisant de sueur libidineuse.
« Tu veux chérie, tu veux ton petit quicky du matin ? »
Du haut de ma mezzanine, je lui envoie droite.
Même en gonzesse, j’ai la satisfaction de m’apercevoir que j’ai encore suffisamment de patate pour le foutre cul par-dessus tête.
Je descends de mon perchoir, ne manquant pas lui écraser deux phalanges au passage.
Il hurle le goret, il couine.
« on m’avait dit qu’il y avait que des follasses sur meetic, on m’avait prévenu pourtant ».
Non pas meetic.
Pas ça.
Me dis pas que je suis allé lever ce gros ver sur meetic.
Ça me fout de nouveau en rogne.
À poil ou pas, je vais latter le gus. Bang coup de pied dans le bide.
« Dégage de chez moi ,
- t’es conne ou quoi, je suis CHEZ MOI !
- ah ?
- ouais, merde !
- ok. Dégage quand même, ou je pète les cervicales.
J’ai la joie de voir le type s’exécuter.
J’attends quand même d’entendre la porte de la salle de bain claquer avant de retourner dans la salle de bain.
Merde, y’a du boulot quand même.
Passer d’homme à femme comme ça en une nuit ! Ça relève plus de la gestion de projet que du soin corporel.
Je m’en occuperai cet après-midi.
En attendant, je vais m’acheter un Rabbit.
Histoire de voir ce que ça peut bien faire.
Et pour ceux qui veulent savoir, le lendemain matin n’a pas été plus brillant que la veille.
C’est en homme que je me suis réveillé.
En homme parfaitement épilé.
Et quand je me suis vu dans le miroir de la salle de bain, mon maquillage avait coulé. Un vrai castor.
Bon dieu de bois.
Quelle gueule de con !
j’avais loupé !!!
Un tit mélange de Blackwild et de Balek, çà donne cette nouvelle.
Trop bien.
ça m a bien fait rire !! j imagine la droite !! lol
Effectivement… mélange Blackwild/Balek…. surréaliste !!! mais… j’aidoooooooooore
Bon, je vais virer toutes les miroirs !
Salutaire . Bravo.